Emirats arabes unis, fonds canadien Brookfield, Mistral AI : Emmanuel Macron annonce 109 milliards d'investissements dans l'IA

Hier soir, lors de l'interview donnée à France 2 au Grand Palais, là même où a débuté ce matin le Sommet de l'Action sur l'IA, Emmanuel Macron a annoncé un investissement en France de 109 milliards d'euros dans les prochaines années. Une part d'entre eux sera notamment dédiée à la construction de data centers : 30 à 50 milliards proviendront des Émirats arabes unis et 20 milliards du fonds canadien Brookfield. Le 6 février dernier, premier jour de la Semaine pour l'Action sur l'IA dont le Sommet est le point d'orgue, le gouvernement a annoncé le lancement de la 3ème phase de la stratégie nationale pour l'IA. Celle-ci s'articulera autour de quatre priorités :

  • renforcer les infrastructures de calcul et les maillons critiques de la chaîne de valeur de l’IA,
  • former et attirer les talents de l’IA,
  • accélérer les usages de l’IA,
  • se donner les moyens de bâtir l’IA de confiance.
Concernant les infrastructures de calcul, 35 sites "prêts à l’emploi" ont d'ailleurs été identifiés pour des projets de centres de données en France métropolitaine et devraient être dévoilés à l'occasion du Sommet. Comme l'a rappelé Emmanuel Macron, la France bénéficie d'une énergie décarbonée, abondante et stable qui rend son territoire attractif pour l’implantation de ces infrastructures dédiées à l’IA.

30 et 50 milliards d'euros pour la construction d'un datacenter géant

Face au leadership des Etats-Unis et de la Chine en matière d'IA, la France est à la recherche de partenaires pour renforcer sa position. L'Inde, avec laquelle elle coorganise le Sommet, en fera partie, mais également les Emirats arabes unis. Leur président, Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, a été reçu par Emmanuel Macron le 1er jour de cette semaine dédiée à l'IA. L'accord de partenariat annoncé à l'occasion concerne notamment la création en France d'un campus IA incluant un centre de données d'une capacité de calcul pouvant atteindre un gigawatt, représentant un investissement estimé entre 30 et 50 milliards d'euros. Le campus, qui sera le plus grand d'Europe consacré à l'IA, sera développé par un consortium franco-émirati, incluant notamment le fonds d'investissement MGX. Sa localisation et le montant de la première tranche d'investissement devraient être révélés en mai prochain lors de prochain Sommet Choose France.

20 milliards d’euros du fonds canadien Brookfield d'ici 2030

Le second grand investissement annoncé est celui de Brookfield, qui gère plus de mille milliards de dollars d'actifs à travers le monde et dit avoir choisi la France en raison de ses compétences en ingénierie et de son énergie propre. Cet investissement sera principalement destiné à la construction de nouveaux sites de datacenters et au développement de puces d'IA. Sur les 35 sites annoncés par le gouvernement, huit seront implantés dans la région Hauts-de-France. Parmi les 20 milliards d'euros annoncés par Brookfield, une partie sera consacrée à la construction d'un mégacenter à Cambrai, qui pourra lui aussi atteindre une puissance de calcul d'un gigawatt.

Éclairion, le futur datacenter de Mistral AI

Emmanuel Macron a encouragé les entreprises françaises à investir : Mistral AI donne le la avec l'annonce de la construction d'un datacenter de plusieurs milliers de mètres carrés sur le plateau de Saclay, en Essonne. La licorne y consacrera plusieurs milliards d’euros ces prochaines années. Baptisé Éclairion, ce projet a été révélé hier soir sur TF1 par Arthur Mensch, son PDG, qui, soulignant que les infrastructures de calcul sont essentielles pour le développement des LLMs, a déclaré : "Nous avons choisi la France, car elle dispose d’une électricité décarbonée et très compétitive. Nous le faisons aussi par conviction.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Helsing et Mistral AI : une alliance stratégique pour la défense européenne basée sur l'IA

S'il est une entreprise qui occupe le devant de la scène médiatique durant cette Semaine pour l'Action sur l'IA, il s'agit sans conteste de Mistral AI. La licorne avait déjà fait fort avec l'annonce d'un partenariat avec France Travail le 4 février dernier, d'un autre avec Stellantis le lendemain. Elle a ensuite abordé la semaine dédiée à l'IA avec le partenariat de Free, l'annonce de la création de son propre datacenter avant-hier et celle hier d'un partenariat avec Helsing, axé sur l'IA de défense.  Fondée en 2021 par Torsten Reil, Gundbert Scherf et Niklas Köhler en Allemagne, également présente en France et au Royaume-Uni, Helsing est une licorne européenne spécialisée dans les technologies de défense basées sur l'IA. Elle affirme placer l'éthique au cœur de leur développement et vouloir se consacrer à la défense des valeurs de démocratie et de liberté. L'entreprise travaille en collaboration avec des gouvernements et des partenaires industriels pour améliorer les capacités des matériels existants. Elle a ainsi été sélectionnée en juin 2023 avec Saab, par le ministère allemand de la Défense pour améliorer les capacités de guerre électronique de 15 Eurofighter de la Luftwaffe. Le projet prévoit l'installation à l'horizon 2028 de la suite de capteurs Arexis de Saab, augmentée par la solution d'IA développée par Helsing. Cette intégration permettra une analyse en temps réel des données radar collectées par les capteurs de l'avion, générant en quelques millisecondes des mesures d'autoprotection précises contre les radars adverses modernes. En décembre 2024, Helsing a dévoilé son premier drone d'attaque, le HX-2, utilisé par l'Ukraine. Ce drone peut être produit en masse grâce à des techniques avancées de fabrication, notamment l'impression 3D, à un coût inférieur à celui des systèmes existants. Lorsqu’ils sont mis en œuvre au sein du système de reconnaissance-frappe Altra développé par Helsing, les HX-2 peuvent fonctionner en essaim autonome, contrôlé par un seul opérateur humain. Ils sont proposés aux alliés de l'OTAN comme un "bouclier anti-invasion".

Un développement conjoint axé sur les Vision-Language-Action models

Le partenariat, qui combine l’expertise d’Helsing avec celle de Mistral AI en matière de GenAI, a pour objectif de renforcer la collaboration entre l’humain et l’IA sur le champ de bataille. Antoine Bordes, Vice-Président de l’IA chez Helsing, affirme : "L’avenir de la défense repose sur des systèmes intégrant l’IA et travaillant en complémentarité avec l’humain dans le monde réel. La robotique et l’IA vont transformer la conduite des opérations militaires en optimisant l’efficacité, en réduisant les risques et en accélérant la prise de décision dans des environnements contestés."

Le développement conjoint reposera sur les Vision-Language-Action models (VLA), des systèmes permettant d’analyser en temps réel l’environnement opérationnel, de comprendre et d’interpréter les commandes humaines, et de générer des actions adaptées aux situations complexes. Ces modèles devraient permettre d’accélérer la prise de décision militaire, en améliorant la rapidité et la fiabilité des réponses opérationnelles.

Un enjeu de compétition mondiale

Dans un contexte de tensions internationales accrues et de complexité du contexte opérationnel militaire, ce projet entre les 2 licornes européennes pourrait offrir une alternative souveraine aux technologies américaines et chinoises. Gundbert Scherf, cofondateur de Helsing, commente : "L’Europe doit affirmer son rôle d’acteur géopolitique majeur. L’IA en est une pierre angulaire, et ce partenariat avec Mistral AI nous place à l’avant-garde de l’innovation militaire." Arthur Mensch renchérit : "L’intégration de nos modèles dans les systèmes de défense constitue une avancée majeure pour le positionnement technologique de l’Europe sur la scène internationale.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


La France, pilier européen de l’innovation en oncologie

L’innovation en oncologie s’impose comme un enjeu majeur dans la lutte contre le cancer, qui demeure l’une des premières causes de mortalité en Europe. À la veille de la Journée mondiale de lutte contre le cancer qui se déroule chaque année le 4 février, l'Office européen des brevets (OEB) a publié sa seconde étude "New frontiers in oncology" sur les technologies dédiées au cancer, offrant une analyse approfondie des secteurs technologiques à la croissance la plus rapide. Celle-ci montre que, quand bien même l’Europe abrite le plus grand nombre de start-ups liées à l’oncologie, elle se laisse distancer par les États-Unis et la Chine en matière de dépôts de brevets. Près de 20 millions de nouveaux cas de cancer, dont 433 000 en France, sont diagnostiqués dans le monde chaque année. Bien que l'Europe regroupe moins de 10 % de la population mondiale, elle représente près de 25 % des cas mondiaux de cancer et plus de 20 % des décès liés à cette maladie. L'étude de l'OEB "Nouvelles frontières en oncologie : un écosystème d’innovation en évolution" se concentre sur les technologies les plus prometteuses et les variations entre les régions, les acteurs et les secteurs. Elle examine les dépôts de brevets dans 28 domaines technologiques du cancer et révèle de grandes variations dans les taux de croissance, ainsi que dans le nombre de familles de brevets internationales (FBI).

Les États-Unis en tête des inventions liées au cancer

Au cours de la période la plus récente (2015-2021), les domaines qui ont connu la plus forte croissance, mesurée par les taux de croissance annuels des FBI, comprennent des technologies telles que l’immunothérapie cellulaire (+37,8 %), la thérapie génique (+31,0 %), l’analyse d’images (+19,6 %), les biopsies liquides (+17,2 %) et l’informatique de santé (+14,7 %). Les États-Unis dominent l’innovation en oncologie, avec une part stable d’environ 43 % des inventions mondiales liées au cancer. En revanche, la part des déposants européens a chuté de 18,7 % à 12,4 % entre 2010 et 2021, alors que le dépôt de brevets en oncologie s’est intensifié. La Chine affiche la plus forte progression : le nombre de FBI a plus que quadruplé au cours de la période 2015-2021, porté principalement par le secteur privé, qui dépasse désormais largement le secteur public.

La France, moteur européen de l’innovation en oncologie

L'étude souligne la place prépondérante de la France dans l'écosystème européen, grâce à son dynamisme en matière de brevets et à l’excellence de ses institutions de recherche. Avec plus de 3 500 FBI publiées entre 2010 et 2021, la France se positionne au deuxième rang européen derrière l’Allemagne. Elle se distingue particulièrement dans le domaine de la médecine personnalisée, où elle représente 5,6 % des inventions brevetables entre 2016 et 2021. Cette avancée traduit une approche innovante du traitement du cancer, mettant l’accent sur des thérapies adaptées aux spécificités génétiques des patients. Cette période a également été marquée par une croissance significative dans le domaine des vaccins immunothérapeutiques, où la part de la France est passée de 4,0 % à 4,7 % par rapport à la période 2010-2015. L’écosystème français est porté par un réseau de recherche particulièrement performant. L’Inserm et le CNRS occupent respectivement la deuxième et la troisième place au niveau mondial pour le nombre de brevets déposés en oncologie. Au total, dix institutions françaises figurent parmi les quinze premières européennes, confirmant l’importance des organismes de recherche publics dans l’innovation technologique contre le cancer. Cette dynamique se traduit également par une forte contribution des universités et des hôpitaux, qui représentent près des deux tiers des brevets déposés en France dans ce domaine. Par ailleurs, l'Hexagone affiche une présence notable dans le paysage européen des start-ups spécialisées en oncologie : avec 246 jeunes entreprises dédiées à ce secteur, il se classe juste derrière le Royaume-Uni (290 start-ups) et devant l’Allemagne (208). L’Europe compte environ 1 500 start-ups en oncologie, dépassant ainsi les États-Unis (1 325). Cependant, si le nombre de start-ups en phase de création y est supérieur, la transformation de ces entreprises en acteurs majeurs demeure un défi : moins de 22 % des start-ups françaises en oncologie (24 % au sein de l’UE et moins de 27 % dans les autres États membres de l’OEB) atteignent un stade avancé de croissance, contre près de 40 % aux États-Unis. L’étude de l’OEB souligne également une perte de terrain de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine dans les secteurs les plus dynamiques de l’innovation oncologique. Les parts européennes ont reculé de 5 points de pourcentage dans des domaines stratégiques comme l’immunothérapie cellulaire, la thérapie génique et l’analyse d’images. Ces technologies, en forte expansion, nécessitent des investissements massifs et un écosystème favorable à leur développement. L’innovation en oncologie en France repose sur une base scientifique solide et un réseau de start-ups prometteur. Toutefois, l’enjeu réside dans la capacité à transformer ces avancées en succès industriels et cliniques. L’accès au financement, le soutien aux phases de croissance et la structuration d’un écosystème plus propice à l’industrialisation de l’innovation apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité française et européenne dans ce domaine stratégique. António Campinos, président de l'OEB, conclut : "En référence au rapport de Mario Draghi sur l'avenir de la compétitivité européenne, les conclusions de cette étude constituent un signal d'alarme pour l’écosystème d'innovation en oncologie en Europe. Alors que les technologies de lutte contre le cancer évoluent rapidement et s’engagent vers des recherches inédites, l'Europe doit réagir pour préserver son avantage compétitif en matière d'innovation dans le secteur de la santé et ainsi contribuer à sauver des vies. Les startups européennes en oncologie sont un atout, mais elles ont besoin d'investissements et de soutien pour développer leurs innovations.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Le Groupe Iliad investit 3 milliards d’euros dans l’IA et affirme son ambition industrielle

En 2023, le groupe Iliad affirmait son intention de se tailler une place de choix dans le marché de l’IA. A l'occasion de l'AI Action Summit, il a annoncé un investissement de 3 milliards d'euros dans les infrastructures dédiées à l’IA (datacenters et puissance de calcul), la recherche et les applications grand public pour renforcer sa position en Europe.

Une infrastructure européenne de premier plan

OpCore, la filiale du Groupe qui opère 13 datacenters en France et en Pologne, investira 2,5 milliards d'euros pour renforcer sa position en tant que leader européen des datacenters hyperscale, notamment pour les ressources de calcul IA. En partenariat avec Infravia, l’une des principales sociétés indépendantes de capital-investissement en Europe, OpCore déploiera plusieurs centaines de mégawatts de capacités à court terme, avec une ambition de plusieurs gigawatts à long terme à travers l’Europe.

Scaleway : près de 5000 GPUs dernière génération

Scaleway, la filiale cloud B2B du groupe, annonce la mise à disposition de 5000 GPUs de dernière génération, constituant ainsi la plus grande capacité de calcul commercialisable pour l’IA en Europe. Cette puissance de calcul est accessible aux entreprises souhaitant entraîner leurs modèles d’IA, comme le fait Mistral AI, H et Photoroom. Scaleway offre également à ses clients un accès sécurisé aux meilleurs modèles open-source, notamment Llama (Meta), Moshi (Kyutai) et Deepseek.

Free démocratise l’IA avec Mistral AI

L’opérateur Free, également filiale du Groupe iliad, a signé un partenariat exclusif avec Mistral AI pour proposer à ses abonnés mobiles un assistant IA de nouvelle génération : le Chat Pro, la version premium du nouveau Le Chat présenté la semaine dernière par la licorne. Depuis hier, les 15,5 millions d’abonnés payants à Free peuvent accéder, et ce pendant 12 mois, gratuitement à cet outil, renforçant ainsi l’intégration de l’IA dans les usages quotidiens.

Kyutai : un laboratoire indépendant dédié à la recherche ouverte

L’IA ne se limite pas à l’infrastructure et aux applications commerciales. Iliad mise également sur la recherche avec Kyutai, un laboratoire privé qu'il a cofondé en novembre 2023 et doté de 100 millions d’euros. Fidèle à l’approche open source du Groupe, Kyutai a présenté, six mois après sa création, Moshi, un modèle vocal avancé, et a récemment dévoilé Hibiki. Cette technologie de traduction simultanée préserve la voix du locuteur tout en adaptant son rythme au contenu sémantique du discours source, offrant ainsi une traduction orale et écrite en temps réel. Thomas Reynaud, Directeur Général du Groupe iliad, commente : "Au sein du Groupe iliad, nous croyons depuis plusieurs années à la puissance de l’intelligence artificielle et nous avons décidé d’y consacrer les moyens nécessaires. Nous investissons 3 milliards d’euros sur toute la chaîne de valeur : des data centers à la puissance de calcul en passant par la recherche en open-science, ou encore la démocratisation des usages avec notre partenariat avec Mistral. Si nous multiplions les initiatives depuis 3 ans, c’est que nous sommes à un moment décisif où se joue notre avenir collectif.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AI Action Summit : les acteurs de l'IA durable se retrouveront le 11 février prochain au Ministère de la Transition écologique

Les 10 et 11 février prochains, la France accueillera le Sommet mondial pour l’Action sur l’IA. Parmi les axes majeurs de cet événement, un volet spécifique sera consacré à l’IA durable, une approche encore émergente mais essentielle à l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale. C’est dans ce contexte qu’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, présidera le Forum pour l’IA durable, le 11 février à l’Hôtel de Roquelaure.

L’intelligence artificielle au service de la transition écologique

L’IA est souvent perçue comme un levier d’innovation pour l’optimisation des processus industriels, l’amélioration des systèmes énergétiques ou encore la modélisation des risques climatiques. Dans cette optique, elle pourrait jouer un rôle clé dans l’accélération de la transition écologique, en permettant par exemple de mieux comprendre les écosystèmes, de limiter les pertes énergétiques et de renforcer la résilience des territoires face aux aléas climatiques. Cependant, si l’IA offre des solutions pour réduire l’empreinte carbone dans de nombreux secteurs, elle génère aussi des défis environnementaux non négligeables. La consommation énergétique croissante des centres de données et l’extraction des ressources nécessaires aux infrastructures numériques posent la question de la soutenabilité de cette révolution technologique. Aujourd’hui, les data centers représenteraient environ 2 % de l’empreinte carbone mondiale, soit la moitié de celle du transport aérien.

Un Forum international pour l’IA durable

Cet événement rassemblera plus de 200 participants issus des sphères gouvernementales, du monde de la recherche, des entreprises et des ONG. L’objectif est de créer un cadre de discussion international sur les moyens de développer une IA à la fois innovante et respectueuse de l’environnement. Parmi les thématiques abordées figurent la régulation de l’impact environnemental de l’IA, l’émergence de standards internationaux pour une IA sobre, ainsi que les opportunités offertes par l’IA pour accompagner les politiques climatiques et de biodiversité. La rencontre devrait également être l’occasion d’annoncer des engagements concrets pour une IA compatible avec les objectifs de neutralité carbone. Retrouver ici le programme de la journée. Agnès Pannier-Runacher, qui ouvrira le Forum, commente : "L’intelligence artificielle est une opportunité sans précédent pour accélérer la transition écologique. Elle permet d’améliorer nos modèles de prévision des risques climatiques, de mieux connaître nos écosystèmes, d’optimiser nos consommations d’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre, etc. Toutes ces technologies nous permettront de tenir la trajectoire vers la neutralité carbone, mieux protéger la nature et les Français. Mais l’IA présente aussi des risques pour le climat, en particulier du fait de sa consommation énergétique, de son usage croissant en eau et en métaux critiques, qui appellent à l’action pour développer une IA durable et sobre à même de servir l’intérêt général. L’événement du 11 février vise à avancer sur cette ligne de crête, d’une IA qui sert les Français et la lutte contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, et dont les impacts sont contenus. Il permettra de changer la donne, en réunissant des experts de l’IA, du climat, de l’environnement et ceux qui font les politiques publiques. En tant que ministre de la Transition écologique, je suis très fière que la France se place à l’avant-garde de ce combat." . Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


IA et productivité dans le secteur public : une transformation en marche

Face à des contraintes budgétaires croissantes et à une demande de services toujours plus exigeante, les administrations publiques cherchent à réinventer leur modèle de productivité. Une étude récente réalisée par The Economist pour SAS met en lumière le rôle crucial que joue l'IA dans cette transformation. Toutefois, si la technologie est un levier puissant, elle ne peut être efficace sans une évolution culturelle et organisationnelle significative.

L'IA, un catalyseur de modernisation

Selon le rapport intitulé "Reimagining the Future of Public Sector Productivity", basé sur les réponses de 1 550 employés du secteur public de 26 pays, plus de la moitié des administrations publiques compte sur l'IA pour stimuler leur productivité dans les trois prochaines années. Elles intègrent progressivement l'IA pour optimiser leurs opérations. Parmi les cas d'usage les plus répandus figurent les analyses prédictives (66 % des répondants), qui permettent une meilleure anticipation des besoins et une allocation plus efficace des ressources. La cybersécurité et la prévention des fraudes (54 %) deviennent des priorités, alors que les menaces numériques se multiplient. Cependant, l'étude souligne que l'adoption de l'IA reste prudente : 70 % des administrations publiques n'intègrent de nouvelles technologies qu'après validation de leur efficacité ailleurs. Ce conservatisme traduit une volonté de minimiser les risques, mais peut ralentir l'innovation.

Les défis budgétaires et technologiques

Les administrations publiques disposent de budgets limités et ne peuvent donc pas toujours gérer de nouvelles technologies. Les questions relatives à la confidentialité des données (75 %) et les contraintes budgétaires (64 %) sont considérées comme des défis majeurs à une adoption réussie. En outre, 47 % des répondants citent l'incapacité à mesurer la productivité comme un frein. Néanmoins, bien que les participants à l'enquête reconnaissent ces obstacles, une écrasante majorité d'entre eux (91 %) considère que les technologies digitales présentent plus d'avantages que de risques pour leur organisation.

Une transformation qui ne peut être uniquement technologique

L'IA seule ne saurait suffire à améliorer durablement la productivité du secteur public. L'étude insiste sur la nécessité d'une transformation organisationnelle parallèle. Une conception adaptative des structures et un engagement actif des employés sont des facteurs déterminants. Pourtant, plus d'un quart des administrations interrogées n'ont encore initié aucun projet en ce sens. L'implication des agents est un enjeu majeur : seuls 15 % des employés du secteur public interrogés participent activement à l'évaluation des besoins en technologies, 14 % au choix des outils et 36 % à leur implémentation. Pour que l'IA révèle pleinement son potentiel, il est crucial d'accroître la formation et l'adhésion des collaborateurs.

L'importance des partenariats stratégiques

L'étude met également en avant le rôle des partenariats avec des fournisseurs technologiques. Près de la moitié des répondants (49 %) considère l'externalisation comme un moyen efficace d'améliorer la productivité. Toutefois, cette stratégie doit s'accompagner d'une gouvernance rigoureuse pour assurer une compatibilité avec les objectifs de service public et une gestion efficace des coûts.

Vers un modèle de productivité plus agile

L'évolution du secteur public vers un modèle plus performant repose sur un équilibre entre innovation technologique, transformation organisationnelle et implication des employés. Si l'IA représente une opportunité indéniable, son intégration réussie dépendra de la capacité des administrations à moderniser leur culture interne et à adopter des stratégies d'implémentation plus audacieuses. Jonathan Birdwell, directeur de la politique et des perspectives chez Economist Impact, conclut : "Face à des contraintes budgétaires et à une demande croissante de services publics pour répondre à des défis complexes tels que le vieillissement de la population, le changement climatique et l’incertitude économique, les gouvernements doivent agir de manière décisive pour mettre en œuvre des réformes de productivité. Par exemple, la réponse budgétaire à la pandémie de Covid-19 dans certains pays à haut revenu s’est élevée à 21 % du PIB, soulignant le rôle crucial de l’intervention gouvernementale en période de crise. Notre recherche montre que si la transformation numérique est essentielle, elle ne suffit pas à elle seule. Le succès repose sur des structures organisationnelles adaptatives capables de surmonter la résistance au changement et d’impliquer les employés dans la conception et la mise en œuvre des nouvelles technologies. L’intelligence artificielle offre au secteur public l’opportunité de transformer la manière dont il sert les citoyens et d’améliorer l’expérience des employés.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AI Act : entrée en vigueur des premières mesures visant à encadrer les risques de l'IA

Après de nombreuses modifications et reports dus notamment à l'essor de la GenAI, l'AI ACT est entré en vigueur le 1er août 2024. Comme prévu, depuis dimanche dernier, les mesures concernant les cas d'usage interdits sont entrées en application. L’UE a été la première à vouloir instaurer un cadre réglementaire pour l’IA, visant à réguler l’intelligence artificielle en fonction de son potentiel à causer des dommages. L'AI Act vise à garantir que les droits fondamentaux des citoyens européens, la démocratie, l’Etat de droit et la durabilité environnementale soient protégés contre les risques de l'IA. Si son application se fera progressivement jusqu'en août 2027 et que de nouvelles lignes directrices seront publiées au fur et à mesure, depuis le 2 février dernier, les dispositions prises contre les systèmes d'IA présentant des risques inacceptables sont entrées en vigueur.

Les cas d’utilisation de l’IA interdits

Afin de préserver les droits des citoyens et la démocratie sont proscrits :
  • Les systèmes de catégorisation biométrique utilisant des caractéristiques sensibles (par exemple : opinions politiques, religieuses, philosophiques, orientation sexuelle, race) ;
  • L’extraction non ciblée d’images faciales sur Internet ou par vidéosurveillance pour créer des bases de données de reconnaissance faciale ;
  • Les systèmes permettant la reconnaissance des émotions sur le lieu de travail et les établissements d’enseignement ;
  • La notation sociale basée sur le comportement social ou les caractéristiques personnelles ;
  • Les systèmes d’IA qui visent à manipuler le comportement humain pour contourner le libre-arbitre ;
  • L’IA utilisée pour exploiter les vulnérabilités des personnes (en raison de leur âge, de leur handicap, de leur situation sociale ou économique).
Des exceptions ont toutefois été mises en place pour l’utilisation des systèmes d’identification biométrique dans les espaces accessibles au public à des fins répressives, sous réserve d’une autorisation judiciaire préalable et pour des listes d’infractions bien définies :
  • Les systèmes d’identification biométrique “à distance” seront utilisés strictement dans le cadre de la recherche ciblée d’une personne condamnée ou soupçonnée d’avoir commis un crime grave
  • L'utilisation des systèmes d’identification biométrique “en temps réel” sera limitée dans le temps et dans l’espace pour:
    • La recherche ciblée de victimes (enlèvement, traite, exploitation sexuelle) ;
    • La prévention d’une menace terroriste précise et actuelle ;
    • La localisation ou l’identification d’une personne soupçonnée d’avoir commis l’un des crimes spécifiques mentionnés dans le règlement (terrorisme, traite, exploitation sexuelle, meurtre, enlèvement, viol, vol à main armée, participation à une organisation criminelle, crime contre l’environnement).
Le Comité européen de l’IA, composé de représentants de haut niveau de la Commission européenne et de tous les États membres de l’UE, et le Bureau de l’IA, composé d'experts en technologie, juristes et économistes, sont chargés de la mise en œuvre et l’application de l'AI Act. Le non-respect des règles qui s'appliquent à toute entité développant, mettant sur le marché ou utilisant des systèmes d'IA au sein de l'UE, pourra entraîner des amendes allant jusqu'à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial, en fonction de l’infraction et de la taille de l’entreprise.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Publication du rapport sur la sécurité de l’IA 2025 : un cadre mondial en construction

Le premier rapport international sur la sécurité de l'intelligence artificielle, dirigé par Yoshua Bengio et fruit de la collaboration de 96 experts internationaux, vient poser les bases d'une compréhension partagée des risques des systèmes d'IA avancés et de la manière dont ils peuvent être atténués. Inspiré par les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations Unies, ce document, publié le 29 janvier dernier, contribuera à éclairer les discussions du Sommet pour l'action sur l'IA. Lors du 1er sommet sur la sécurité de l’IA, 30 pays ont convenu d’établir une compréhension scientifique et factuelle commune des risques de l’IA de pointe grâce à l’élaboration d’un rapport international, indépendant et inclusif sur les risques et les capacités de l’IA de pointe. Hôte de l'événement, le Royaume-Uni a chargé Yoshua Bengio de le superviser. Cet éminent expert en IA, lauréat du prestigieux prix Turing en 2018, professeur titulaire à l’Université de Montréal, est le fondateur et directeur scientifique de Mila, l'Institut québécois d’IA. Il a été l’un des signataires de la lettre demandant une pause dans le développement des grands modèles de fondation et a fait partie des militants pour un encadrement strict de l’IA en Europe, en amont de l’AI Act. Le second sommet, qui s'est déroulé à Séoul, s'est appuyé sur une première version provisoire de ce rapport qui fournit désormais une synthèse complète de la littérature existante sur les risques et les capacités des modèles d’IA de pointe. Il résume les preuves scientifiques sur 3 questions fondamentales :

  • Que peut faire l’IA à usage général ?
  • Quels sont les risques associés à l’IA à usage général ?
  • Quelles sont les techniques d’atténuation contre ces risques ?

Une nécessaire prise de conscience

Les systèmes d'IA à usage général, capables d’effectuer une grande variété de tâches, progressent à une vitesse inédite. Non seulement ils peuvent écrire des programmes complexes et détecter des cybervulnérabilités, mais ils atteignent également des performances comparables à celles d'experts humains en sciences fondamentales. Ces avancées s'accompagnent cependant de nouveaux risques. Rédigé par des experts provenant de 30 pays, de l’ONU, de l’UE et de l’OCDE, le rapport identifie trois catégories principales de menaces :
  • Les risques d'utilisation malveillante, incluant les cyberattaques, la propagation de désinformation ou la conception d'armes biologiques facilitée par l'IA ;
  • Les dysfonctionnements systémiques, tels que les biais algorithmiques, les erreurs de fiabilité ou la perte de contrôle sur des systèmes autonomes ;
  • Les risques systémiques, relatifs à l'impact économique et social de l'IA, notamment sur l'emploi, la protection des données personnelles et l'environnement.

Transparence et gouvernance : les enjeux clés

L'une des recommandations phares du rapport porte sur l'importance de la transparence. Mieux comprendre comment les modèles d'IA prennent leurs décisions devient un enjeu fondamental pour prévenir les abus et renforcer la confiance du public. L'avenir de la sécurité de l'IA dépend des choix politiques qui seront faits. Les chercheurs mettent en garde contre une approche attentiste et encouragent les gouvernements à adopter des mesures proactives. Yoshua Bengio souligne : "Les capacités de l’IA à usage général ont augmenté rapidement au cours des dernières années et des derniers mois. Bien que cela présente un grand potentiel pour la société, l’IA présente également des risques importants qui doivent être soigneusement gérés par les gouvernements du monde entier." Les auteurs du rapport appellent à une coopération internationale renforcée afin d'élaborer des standards de sécurité et des mécanismes de surveillance efficaces : "Étant donné que l'impact de l'IA à usage général sur de nombreux aspects de nos vies est susceptible d'être profond, et que les progrès pourraient continuer à être rapides, il est urgent de travailler vers un accord international et de mettre en place des mesures appropriées." Cependant, parvenir à un consensus mondial reste un défi. Les auteurs, qui reconnaissent leurs divergences d'opinions sur certains aspects de l'IA à usage général, concluent : "Nous continuons à être en désaccord sur plusieurs questions, mineures et majeures, concernant l'IA à usage général et ses capacités, risques et atténuations des risques. Cependant, nous considérons ce rapport comme essentiel pour améliorer notre compréhension collective de l'IA à usage général et de ses risques potentiels, et pour nous rapprocher d'un consensus et d'une atténuation efficace des risques, afin de garantir que l'humanité puisse profiter en toute sécurité des avantages de l'IA à usage général. Les enjeux sont élevés. Nous nous réjouissons de poursuivre cet effort." Le gouvernement britannique continuera d’héberger le secrétariat du rapport et Yoshua Bengio d’en assurer la présidence en 2025. Le rapport peut être consulté ici.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


IA et santé : Whitelab Genomics et l'IPS collaborent pour accélérer le développement de thérapies géniques

La start-up française Whitelab Genomics, spécialisée dans l’IA appliquée à la recherche et au développement en médecine génomique, annonce sa collaboration avec le laboratoire de chimie médicinale dirigé par le professeur Pierre-Luc Boudreault à l'Institut de Pharmacologie de Sherbrooke (IPS), au Québec. L'objectif de leur partenariat est de développer des peptides visant de nouvelles cibles pharmacologiques et d'optimiser des vecteurs viraux en thérapies géniques, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère de médecine de précision. Créée en 2019 par David Del Bourgo, Julien Cottineau et Lucia Cinque, WhiteLab Genomics, soutenue par Y-Combinator, a fait partie de la première promotion de Future4Care, l’accélérateur dédié à la santé numérique, créé en 2021 par Capgemini, Orange, Sanofi et Generali. La start-up, lauréate du programme French Tech Health20 et plus récemment de French Tech 2030, conjugue science des données et biologie pour accélérer le développement des thérapies géniques. Grâce à sa technologie exclusive, l’entreprise optimise la conception de vecteurs viraux et minimise les risques associés à la mise au point de nouveaux traitements. Elle accompagne ses clients et partenaires (pharma, biotech et laboratoires académiques) dans les phases de recherche et le développement in-silico, leur permettant de gagner un temps précieux pour proposer aux patients de nouvelles thérapies. Après une levée de fonds de 10 millions d’euros réalisée auprès d'OMNES Capital et Debiopharm en 2022, la start-up s'est installée à Boston et Montréal.

Le partenariat avec IPS

Depuis deux mois, ce partenariat combine IA, modélisation moléculaire et chimie médicinale pour mieux cibler et traiter les cellules défectueuses impliquées dans des pathologies complexes du système nerveux central et d'autres maladies dégénératives, notamment la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique (SLA). David Del Bourgo, co-fondateur et CEO de WhiteLab Genomics, commente : "Ceci est une très bonne opportunité pour mettre en avant le potentiel de notre plateforme d’IA en collaboration avec des riches bases de données et l'expertise fournie par le laboratoire de médecine chimique du professeur Boudreault. Notre récent investissement au Canada, comprenant l’ouverture de notre deuxième entité nord-américaine l’année dernière à Montréal et des collaborations de recherche avec plusieurs laboratoires au Québec, s’aligne avec notre vision internationale d’accélération et d’optimisation de la découverte de médicaments génomiques."

Une collaboration prometteuse

Le Pr Boudreault, en collaboration avec les laboratoires des Prs Michel Grandbois et Philippe Sarret, teste actuellement les peptides développés par Whitelab. Ces peptides servent d’ancrage aux vecteurs, optimisant leur fixation sur les cibles cellulaires à traiter et maximisant ainsi leur efficacité. Les données expérimentales recueillies alimentent en continu la plateforme d’IA de WhiteLab Genomics. Ce processus itératif contribue à affiner les prédictions et à optimiser la conception des peptides. Le Pr Pierre-Luc Boudreault conclut : "En combinant notre expertise en chimie médicinale avec la plateforme d'IA de pointe de WhiteLab Genomics, nous repoussons les limites de ce qui est possible en matière de développement de médicaments. Cette collaboration illustre le pouvoir des partenariats interdisciplinaires pour générer des avancées significatives dans le domaine de la santé." . Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


2024 : une année de résilience et d'innovation pour les TPE-PME françaises

Tensions géopolitiques au Moyen-Orient, guerre russo-ukrainienne, retour de l'inflation, l'année 2024 n'a pas été placée sous les meilleurs auspices pour les entreprises européennes. Cependant, selon le Baromètre de Qonto, leader européen de la gestion financière pour les TPE-PME et les indépendants, 3/4 des TPE-PME ont atteint ou dépassé leurs objectifs en 2024, faisant preuve d'une réelle capacité d'adaptation. Véritables piliers de l'économie européenne, les TPE-PME sont des moteurs essentiels de la croissance et de l'innovation. Le Baromètre 2024 de Qonto dévoile les résultats d'une enquête menée par YouGov auprès de 5 032 d'entre elles, réparties sur cinq marchés européens majeurs : la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni. Il apporte non seulement des éclairages sur leurs performances de 2024, mais également leurs priorités pour 2025.

L'inflation et la faible demande continuent de freiner les TPE-PME

Les deux facteurs les plus souvent cités comme ayant un impact négatif sur les entreprises sont l'inflation et le manque de demande, tous deux mentionnés par 30 % des répondants à l'enquête. Ceux-ci sont suivis par l'augmentation de la concurrence et les difficultés de trésorerie, pointées par 20 % des répondants. Ces mêmes facteurs étaient déjà préjudiciables à la performance des entreprises en 2023. Même si les taux d'inflation officiels ont baissé au cours des 12 derniers mois, les effets se font encore sentir fortement sur le terrain, suggérant que ces problèmes sont tenaces et pourraient prendre du temps à être surmontés par les entreprises.

La résilience française face aux défis économiques

Malgré ces défis, sur les 5 marchés étudiés, 64 % des entreprises déclarent avoir atteint leurs objectifs en 2024, 10 % avoir fait mieux que prévu. En France, 65 % des TPE-PME ont atteint leurs objectifs en 2024. Si 52% des entreprises situées en Bretagne ont déclaré des performances inférieures aux objectifs, certaines régions se démarquent par leur performance : la Normandie (77 %), la région Auvergne-Rhône-Alpes (63 %) et les Pays de la Loire (60 %) affichent des résultats supérieurs à la moyenne nationale. Les entreprises des régions de Nouvelle-Aquitaine et des Hauts-de-France se distinguent particulièrement : 13 % d’entre elles ont dépassé leurs objectifs. Cette capacité d’adaptation est un indicateur fort de la résilience du tissu entrepreneurial français.

Transformation numérique : la France dans la course européenne

Les entreprises françaises ont massivement adopté des solutions numériques, avec une égalité entre les outils bancaires en ligne et les banques traditionnelles (31 % d’adoption). Cette transition est particulièrement forte chez les entreprises de moins de 5 ans (38 %), qui se positionnent comme leaders dans l'utilisation de solutions exclusivement numériques. En 2025, 28 % des TPE-PME françaises prévoient d'augmenter leurs dépenses technologiques, plaçant cet investissement devant le marketing (27 %) et l’acquisition de clients (25 %). L'adoption de l'intelligence artificielle est également bien ancrée : 67 % des PME européennes utilisent déjà des outils d’IA, et la France suit cette tendance avec une adoption marquée par les jeunes entreprises et les secteurs IT/Télécoms.

Une ambition environnementale en progression

Les TPE-PME françaises prennent de plus en plus en compte leur impact environnemental :  77 % d’entre elles ont déjà engagé ou planifient des actions en faveur de la réduction des émissions de carbone. Toutefois, seulement 6 % considèrent ces mesures comme une priorité absolue. Les disparités régionales sont notables : la région Nord-Ouest affiche le taux d’engagement le plus élevé (84 %), tandis que la région parisienne présente une forte proportion d'entreprises ayant l'intention de prendre des mesures à l’avenir (35 %). Ce mouvement est encouragé par la directive CRSD (Corporate Sustainability Reporting Directive) qui imposera à partir de 2027 aux PME de rendre compte de leur impact environnemental et social.

Perspectives 2025 : croissance, talents et innovation au cœur des priorités

Acquisition client et expansion des effectifs : des leviers de développement majeurs

Les entreprises françaises placent l’acquisition client (31 %) en tête de leurs priorités, suivie de près par l'investissement technologique (28 %). L’attraction et la fidélisation des talents sont également des enjeux cruciaux, dans un contexte où l’expertise devient un facteur différenciant essentiel. Les entreprises françaises misent sur l’innovation produite (22 %) et des campagnes marketing ciblées (21 %) pour renforcer leur attractivité. Ces choix stratégiques les positionnent favorablement face à leurs homologues européens, où la demande de main-d’œuvre qualifiée est particulièrement forte en Allemagne et en Italie.

Investissement dans la technologie : une dynamique française affirmée

L’IA et l’automatisation sont perçues comme des leviers essentiels de compétitivité. En 2025, les TPE-PME françaises prévoient de consacrer davantage de ressources à leurs équipes tech (28 %), devant les pôles marketing/communication (27 %) et vente/acquisition client (25 %). Avec une ambition affirmée de positionner la France comme un acteur clé de la transformation numérique en Europe, malgré des vents contraires, les entreprises françaises affichent une dynamique prometteuse. Leur capacité d’adaptation, leur engagement technologique et leur volonté de concilier croissance et responsabilité environnementale leur confèrent une place centrale dans le paysage économique européen.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


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