Le ministère des Armées déploie son IA générative sécurisée et souveraine : GenIAl.intradef

Le ministère des Armées poursuit sa transformation digitale en déployant sur Intradef une solution d’IA générative sécurisée et souveraine destinée à faciliter le quotidien de ses agents, militaires et civils : GenIAl.intradef. Cette plateforme de services IA est développée depuis 2022 par le Centre d’expertise données et IA (CEDIA) du SGA (Secrétariat général pour l’administration) en collaboration avec l’Etat-Major des Armées et la Direction générale de l’armement (DGA), la Direction générale du numérique (DGNUM), la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), l’Agence du numérique de défense (AND) et l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD).

Une plateforme au service des agents du ministère

Fruit de plusieurs mois d'expérimentation, GenIAl.intradef est conçue pour accompagner les agents du ministère en optimisant les tâches quotidiennes et en réduisant la charge des activités répétitives ou chronophages : synthétiser des documents, analyser des notes, étudier une réglementation, rechercher des informations pertinentes dans un rapport… Son rôle n'est pas de se substituer à eux mais de leur permettre de se concentrer davantage sur les tâches à haute valeur ajoutée. Comme le souligne Guillaume Vimont, chef du CEDIA, "L’agent reste l’unique acteur de ses décisions." Déployée progressivement depuis décembre dernier, elle met à disposition plusieurs services d'IA, notamment :
  • Un agent conversationnel : ce "ChatGPT défense" spécifiquement adapté au vocabulaire et aux enjeux propres au ministère des Armées, facilite la rédaction de contenus, la réponse aux questions et la stimulation de la réflexion. Il bénéficiera d’améliorations permanentes pour continuer à s’adapter et s’enrichir ;
  • Un synthétiseur pour extraire les idées principales d'un document et de proposer un résumé adapté ;
  • Un traducteur pour les messages et les documents ;
  • Un convertisseur de contenus audio en texte ;
  • Une océrisation (OCR ou Optical Character Recognition) qui transforme les contenus textuels d’images en fichiers exploitables.

Une intégration progressive et évolutive

La mise en service de GenIAl.intradef repose sur des infrastructures récentes, telles que le  C1DR (cloud sur le réseau intradef) et la plateforme Artemis.IA. Intégrée à l'environnement numérique du ministère, elle sera progressivement accessible à l'ensemble des personnels. D'autres fonctionnalités sont d'ores et déjà en développement pour répondre aux besoins spécifiques des métiers. Une aide en ligne et des ressources d’accompagnement, dont des capsules vidéos disponibles dès la rentrée, permettront aux utilisateurs de mieux appréhender les capacités de l’outil.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


L'industrie automobile chinoise accélère dans l'intégration d'IA avec DeepSeek R1

Au-delà des débats qu'il a pu susciter, les performances du modèle DeepSeek R1, doté de capacités de raisonnement avancées, ont surpris les experts. Alors qu'il a été présenté fin janvier, l'industrie automobile chinoise s'en est très vite emparée. Du fournisseur de technologies de mobilité ECARX aux constructeurs eux-mêmes à l'image de Geely ou BYD, il a été intégré pour des applications variées allant de l'assistance à la conduite à l'amélioration des interactions entre conducteurs et véhicule.

Geely : une expérience de conduite connectée

Geely, acteur majeur de l'automobile chinoise avec des marques comme Smart, Volvo ou Zeerk, a été le premier à annoncer intégrer DeepSeek-R1 pour perfectionner Xingrui, le LLM au coeur de son système "Full-Domain AI for Smart Vehicles" présenté en janvier dernier au CES 2025. Cette intégration permet d'améliorer la reconnaissance vocale, l'analyse des images et la gestion des données en temps réel. L'objectif est de fluidifier l'interaction entre les conducteurs et leurs véhicules, tout en optimisant la prise de décisions en temps réel, notamment pour les systèmes d'aide à la conduite.

BYD : l'IA au service de la conduite autonome

BYD(Build Your Dreams), l'un des leaders de l'automobile électrique, a intégré DeepSeek dans son système de conduite autonome de niveau 2 DiPilot (baptisé God's Eye). Ce système repose sur une IA avancée qui permet une assistance au stationnement et une navigation autonome plus précises. L'objectif est d'améliorer la sécurité et de rendre les véhicules plus intelligents et autonomes, tout en réduisant la dépendance aux infrastructures cloud.

Great Wall Motors : des assistants virtuels améliorés

Great Wall Motors exploite DeepSeek pour entraîner son IA interne avec des données collectées, afin de développer des fonctionnalités proactives pour ses assistants embarqués. Cette approche, qui améliore l'interaction entre les conducteurs et leur véhicule, vise à rendre la conduite plus intuitive et à renforcer l'ergonomie des systèmes d'assistance.

SAIC : une expérience utilisateur plus riche

SAIC a misé sur DeepSeek pour améliorer l'expérience utilisateur de ses véhicules connectés. Son intégration de permet de répondre de manière plus précise et personnalisée aux besoins des conducteurs. Les assistants virtuels de SAIC sont désormais capables d'adapter leurs réponses et recommandations en fonction des habitudes de conduite et des préférences des utilisateurs.

Dongfeng : une conduite plus intuitive

Dongfeng a également adopté DeepSeek pour optimiser ses systèmes d'infodivertissement. Cette intégration permet d'offrir une expérience plus immersive et intuitive, avec une interaction vocale améliorée et des recommandations adaptées aux habitudes des conducteurs. L'objectif est de faciliter l'utilisation des fonctionnalités du véhicule et d'améliorer le confort de conduite.

ECARX : une IA embarquée indépendante du cloud

ECARX, fournisseur de technologies de mobilité, a choisi DeepSeek-R1 pour développer son application d'IA embarquée, ECARX AutoGPT. Cette solution permet d'exécuter des tâches complexes en local, sans dépendance aux ressources cloud. Parmi les bénéfices attendus, on retrouve une meilleure protection des données, une réduction de la latence et une diminution des coûts de transmission et de stockage. D'autres constructeurs automobiles chinois ont l'intention eux aussi de mettre à jour leur assistant d'IA embarquée avec DeepSeek R1. Le modèle a par ailleurs été rapidement adopté dans d'autres secteurs, notamment par trois des principaux opérateurs de télécommunications : China Mobile, China Telecom et China Unicom.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


L'IA dans les grandes entreprises : état des lieux et perspectives 2025

Le 6 février dernier, lors d'un événement officiellement affilié au Sommet pour l'Action sur l'IA, Wavestone et la French Tech Grand Paris ont présenté le livre blanc "L’IA dans les grandes organisations : état des lieux et perspectives 2025", réalisé en partenariat avec Hub France IA et Viva Technology. Accessible aux non-experts tout en restant précis et équilibré pour les spécialistes, ce document de 15 pages donne la parole à ceux qui rendent possible l'utilisation quotidienne de l'IA au sein des entreprises. La perception dominante de l'IA est largement influencée par les discours des acteurs de la Big Tech, des start-ups et des décideurs politiques. Or, ceux-ci mettent généralement en avant les avancées technologiques et les cas d'usage réussis, laissant dans l'ombre les difficultés rencontrées par les grandes entreprises lors de l'adoption et de l'implémentation de ces technologies, les travaux en cours et les perspectives. Ce livre blanc, auquel plus de 40 professionnels, jouant chacun un rôle clé dans la mise en œuvre de l’IA au sein de leur organisation respective ont contribué, cherche justement à combler ces lacunes. L'une des conclusions majeures du livre blanc est la nécessité d'une gouvernance robuste de l'IA. Alors que l'IA générative suscite un intérêt grandissant, les entreprises doivent repenser leur approche en l'intégrant à leurs stratégies globales. La conformité aux réglementations, notamment l'AI Act européen, soulève des interrogations quant à l'harmonisation des différentes juridictions et à la manière dont les entreprises peuvent s'adapter efficacement. Chadi Hantouche, Partner Wavestone, a partagé sur LinkedIn, les principaux enseignements tirés de ce rapport articulé autour de 8 chapitres :

Chapitre 1 : Gouvernance de l’IA pour la réussite des métiers et la conformité

  • Deux ans après l’essor de l’IA Générative, les démarches en entreprise se structurent, en alignant la technologie aux besoins métiers, et plus l’inverse.
  • La visibilité apportée par l’IA Générative offre une opportunité de s'attaquer à des défis persistants en matière de Data et d’IA, avec du support et du budget !
  • La complexité de gouvernance du sujet vient en particulier de ses nombreuses facettes, aux maturités hétérogènes, et d’un horizon réglementaire incertain.

Chapitre 2 : L'IA en action, cas d'usage et adoption

  • Beaucoup d’entreprises se sont lancées dans une course au cas d’usage, dont peu sont en réalité « révolutionnaires » et passent à très grande échelle.
  • Démontrer un retour sur investissement est encore complexe, en particulier quand les gains sont de l’ordre de l’efficacité individuelle.
  • Une adoption réussie de systèmes d’IA par les collaborateurs demande une véritable conduite du changement, et ce sujet est encore souvent négligé.

Chapitre 3 : Aspects techniques de l'IA traditionnelle et générative

  • L’IA générative ne vient pas remplacer les autres types d’IA. C’est une option de plus, avec ses avantages et ses inconvénients.
  • Il est difficile de faire de grands choix technologiques dans un contexte aussi mouvant. Au-delà de ces choix, bien aborder l’architecture/organisation autour est clé.
  • Deux orientations semblent claires : les modèles d’IA deviennent majoritairement des commodités, et l’avenir sera multi-IA, multi-agents, multi-modal.

Chapitre 4 : Confiance numérique - Les risques Cyber de l'IA

  • L’IA, en particulier générative, amplifie des risques Cyber existants, mais en amène aussi des nouveaux. Cette menace bouge aussi vite que la technologie.
  • Des méthodologies de gestion du risque IA émergent. La gouvernance reste à consolider, notamment vis-à-vis des tiers qui vont tous proposer de l’IA.
  • Le savoir-faire cyber autour de systèmes d’IA est encore rare. La réponse à incident est complexe, et amène les entreprises à l’externaliser.

Chapitre 5 : Éthique et responsabilité environnementale

  • L’IA tire depuis toujours des questions éthiques et humaines. Celles-ci sont amplifiées et pressées par l’arrivée de l’IA Générative.
  • Si l’IA traditionnelle peut aider dans la crise climatique, l’IA Générative, elle, l’aggrave. Les entreprises tentent, en majorité, de sensibiliser leurs utilisateurs à ce sujet.
  • Plusieurs approches rendront possible la pratique d’une IA responsable : frugalité, transparence, métriques standardisées, et réglementation.

Chapitre 6 : L'avenir du travail avec l'IA (Générative)

  • L’IA traditionnelle "révolutionnait" déjà des métiers. L’IA générative a créé une vague qui touche tout le monde, et l’arrivée des agents IA va encore accélérer ce mouvement.
  • Toutes les entreprises ont mis en place des formations, plus ou moins avancées. Malgré cela, le niveau général de maîtrise, y compris par le management, reste faible.
  • Les départements RH en entreprise commencent à s’emparer du sujet – pour préparer les employés au futur, et aussi pour rester un employeur attractif.

Chapitre 7 : La course mondiale aux talents en IA

  • La compétition pour les meilleurs experts en IA est véritablement mondiale, et oppose les grandes entreprises aux géants de la Tech.
  • Le manque de compétences dans le domaine de l’IA va nécessiter de former, de rediriger des carrières, et d’ouvrir le domaine à des profils plus divers.
  • Cette course aux talents va aussi devoir trouver des réponses communes entre les entreprises, les formations supérieures, et un appui politique.

Chapitre 8 : Autonomie stratégique à l'ère de l'IA

  • L’IA devient un enjeu de pouvoir géopolitique et économique, avec le risque qu’il soit détenu par une poignée d’acteurs.
  • Certaines entreprises travaillent à créer un écosystème les rendant moins dépendantes à ces acteurs. L’open source peut y jouer un rôle important.
  • Une gouvernance mondiale sur certains sujets critiques est indispensable, bien que sa mise en œuvre paraisse difficile dans le contexte actuel, très polarisé.
Retrouver les lignes directrices et le livre blanc ici.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


INESIA : un nouvel acteur pour la sécurité de l'IA en France

En mai 2024, la France était l'un des pays signataires de la Déclaration de Séoul pour une IA sûre, novatrice et inclusive. Dans le prolongement de cet engagement, Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a annoncé la création de l'Institut national pour l'évaluation et la sécurité de l'intelligence artificielle (INESIA). Cette initiative vise à renforcer la confiance du public dans les technologies d'IA en France, tout en soutenant l'innovation dans ce domaine stratégique.

Structurer la recherche française en matière d'évaluation

Plutôt que de créer une nouvelle entité juridique, l'INESIA coordonnera les efforts des principaux acteurs nationaux de l'évaluation et de la sécurité de l'IA, notamment l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) et le Pôle d'expertise de la régulation numérique (PEReN). Copiloté par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Direction générale des Entreprises (DGE), l'Institut n'aura pas de pouvoirs contraignants, mais servira de plateforme de collaboration entre ces institutions existantes. Elles collaboreront ainsi à l'analyse des risques systémiques liés à l'IA dans le domaine de la sécurité nationale, le soutien à la mise en œuvre de la régulation de l'IA et l'évaluation de la performance et de la fiabilité des modèles d'IA. Leur approche scientifique et la diffusion de bonnes pratiques garantiront que l'IA soit développée et utilisée de manière sécurisée et fiable, en particulier dans des secteurs sensibles tels que la médecine, l'éducation, l'industrie et l'information. INESIA permettra à la France de jouer un rôle actif au sein du réseau international des AI Safety Institutes, aux côtés de nations telles que le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, le Kenya, Singapour et le Royaume-Uni. Elle soutiendra ainsi son ambition : faire de l’IA une technologie de confiance, au service de l’innovation et de la souveraineté nationale.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Kyutai dévoile Hibiki : une avancée majeure dans la traduction vocale simultanée

Hier, lors de la conférence scientifique internationale qui s’est tenue à l’Institut Polytechnique de Paris dans le cadre de la Semaine pour l’Action sur l’IA, Patrick Perez, Directeur général de Kyutai, a présenté Hibiki, un modèle de traduction vocale simultanée. Ce système se distingue par sa capacité à préserver la voix du locuteur tout en adaptant son rythme au contenu sémantique du discours source, offrant ainsi une traduction orale et écrite en temps réel. C’est à Station F, lors de la conférence AI Pulse, organisée par Scaleway, filiale de l’entreprise Iliad fondée par Xavier Niel, que Kyutai a été lancé le 17 novembre 2023 en présence de son équipe scientifique et de ses trois co-fondateurs : Xavier Niel, Rodolphe Saadé, fils du fondateur du groupe CMA CGM dont il assure la direction, et Eric Schmidt, ex-PDG de Google. Ce laboratoire d’initiative privée à but non-lucratif a été financé à hauteur de 300 millions d’euros, 100 millions d’euros d’Iliad, 100 du groupe CMA CGM et les 100 derniers restants via Schmidt Futures, l’entreprise philanthropique cofondée par Eric Schmidt et sa femme Wendy. Entièrement dédié à la recherche ouverte en IA, Kyutai s’est donné pour objectif de développer des LLMs pour s’attaquer “aux défis de l’IA moderne” et activer une IA européenne souveraine pour le bien commun, et ce, en s’appuyant sur la puissance de calcul de Scaleway, filiale dédiée aux activités cloud du Groupe Iliad. Le laboratoire, qui a pour conseiller scientifique Yann LeCun, compte actuellement une quinzaine de collaborateurs. Après avoir présenté en juillet 2024 Moshi, la 1ère IA vocale open source, basée sur son LLM Helium 7B, Kyutai a donné un aperçu le 13 janvier dernier d'Helium-1, une version allégée comptant environ 2 milliards de paramètres. Conçue pour fonctionner efficacement sur des appareils mobiles et des environnements à ressources limitées, cette version préliminaire prend actuellement en charge six langues européennes : français, allemand, anglais, espagnol, italien et portugais. Le laboratoire prévoit de le publier dans les mois à venir.

Hibiki, un modèle de traduction vocale simultanée

Seulement six mois après la sortie de Moshi, Kyutai dévoile Hibiki (écho, en japonais). Le modèle, qui a été entraîné sur des données publiques pour traduire du français vers l'anglais, dépasse selon lui sur cette tâche l’état de l’art actuel, en termes de qualité de traduction, de fidélité vocale du locuteur et de naturel. De plus, la simplicité de son processus d'inférence lui permet la traduction groupée pour un déploiement efficace dans le cloud, ainsi que pour une utilisation en temps réel sur mobile. Fidèle à son engagement envers l'open source, le laboratoire met à disposition les codes d’inférence, les poids du modèle français-anglais et un rapport technique détaillé, concluant : "Les chercheurs et la communauté de l’IA pourront ainsi reprendre Hibiki dans leurs projets, et l’étendre à d’autres langues. Il s’agit d’une nouvelle étape pour les technologies de la voix : elle ouvre des opportunités extraordinaires en matière de communication et d’accessibilité.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Développement et adoption de l'IA : l'AIE appelle à une coordination renforcée des besoins énergétiques

Hier, alors que le Sommet pour l'Action sur l'IA réunissait des dirigeants du monde entier, le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), est intervenu pour rappeler l'interdépendance croissante entre l'IA et le secteur de l'énergie. Selon lui, le développement rapide de l'IA nécessite une infrastructure énergétique robuste, en particulier en matière d'électricité, pour soutenir l'expansion prévue des centres de données, mais également une collaboration étroite entre l'industrie énergétique, le secteur technologique et les gouvernements. En décembre dernier, l'AIE a organisé à son siège de Paris une conférence mondiale sur l’énergie et l’IA qui a contribué à jeter les bases des résultats énergétiques du Sommet de cette semaine à Paris. L’essor de l’IA et, en particulier celui de la GenAI, nécessite d’énormes datacenters, chacun consommant une quantité d'électricité équivalente à celle de 100 000 ménages. Selon l'agence, bien que les centres de données ne représentent actuellement que 1 % de la consommation mondiale d’électricité, le réseau est déjà confronté à des défis importants dans les zones où ils sont concentrés, et la demande devrait continuer à augmenter. Ainsi, en Irlande, les datacenters représentent déjà 20 % de la demande d’électricité, tandis que dans l’État américain de Virginie, cette part est supérieure à 25 %. Lors de son allocution, le Dr Fatih Birol a souligné les nombreuses opportunités offertes par l’IA, mais également le risque que les progrès de l’IA ne soient entravés si l’infrastructure énergétique nécessaire n’est pas planifiée de manière adéquate : "Il n’y a pas d’IA sans énergie, en particulier sans électricité. Des milliers de centres de données devraient être construits au cours des cinq prochaines années. Mais notre analyse à l’AIE montre que si l’industrie de l’énergie, le secteur technologique et les gouvernements ne collaborent pas pour fournir l’infrastructure électrique nécessaire, de nombreux projets pourraient être retardés, voire annulés." Il a ajouté: "C’est pourquoi il est si stratégique et si important de réunir les entreprises et les décideurs politiques en matière d’énergie, et c’est pourquoi l’AIE continuera de travailler avec les dirigeants du monde entier sur cette question essentielle."

Un observatoire de l’énergie, de l’IA et des centres de données

Mr Birol a annoncé que l'AIE lancera le 10 avril prochain ce nouvel observatoire afin de collecter les données les plus complètes sur les besoins en électricité de l'IA et sur les innovations de rupture pour l’IA appliquée à l’énergie. Elle a également prévu de publier un "rapport spécial sur l'énergie et l'IA" ce même jour. Il explorera des solutions pour répondre à la demande énergétique croissante des centres de données et comment les innovations en IA pourraient transformer la production, la consommation et la distribution de l'énergie.. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


OpenEuroLLM, une initiative européenne pour une IA transparente et souveraine

Lancé ce lundi 3 février, OpenEuroLLM est un projet collaboratif réunissant 20 institutions de recherche, entreprises et centres de calcul de premier plan. Cette initiative, qui bénéficie du soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme pour une Europe numérique (Digital Europe), vise à développer une famille de modèles de fondation transparents et performants pour les langues européennes et d'autres langues d'intérêt social et économique, adaptés aux besoins des secteurs public et privé.

Soutenir la compétitivité et la souveraineté numérique de l'UE

OpenEuroLLM s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la compétitivité européenne en matière d’IA. En garantissant l’accessibilité, la transparence et la conformité réglementaire, le projet entend offrir une alternative robuste aux modèles propriétaires tout en préservant les valeurs et la diversité linguistique européennes. Il est d'ailleurs le premier projet financé par Digital Europe à recevoir le label d’excellence STEP (Strategic Technologies for Europe Platform, une nouvelle initiative de l’UE visant à renforcer la compétitivité industrielle européenne en soutenant les technologies critiques, notamment l’IA). OpenEuroLLM bénéficiera d’un budget total de 37,4 millions d’euros, dont 20,6 millions du programme pour une Europe numérique. L'entreprise commune EuroHPC fournira quant à elle un accès à ses services de calcul.

Un consortium d’acteurs clés

Coordonné par Jan Hajič de l’Université Charles en Tchéquie et co-dirigé par Peter Sarlin, le plus grand laboratoire d’IA privé d’Europe, racheté l'an dernier par le fabricant américain de puces AMD, OpenEuroLLM rassemble des partenaires prestigieux issus du monde académique, de l’industrie et des infrastructures de calcul haute performance :
  • Instituts de recherche et universités : Université d’Helsinki, Université d’Oslo, Fraunhofer IAIS, Institut ELLIS Tübingen, Université de technologie d’Eindhoven, entre autres.
  • Entreprises spécialisées : LightOn (France),Aleph Alpha (Allemagne), Prompsit Language Engineering (Espagne), ellamind (Allemagne).
  • Centres de calcul EuroHPC : Centre de calcul intensif de Barcelone (Espagne), Cineca (Italie), CSC (Finlande), SURF (Pays-Bas).
Peter Sarlin commente sur LinkedIn : "Au lieu d’efforts fragmentés, il s’agit d’une action coordonnée visant à créer des modèles de langage européens ouverts que les entreprises peuvent posséder, contrôler et intégrer dans leurs produits. "

Transparence et collaboration avec la communauté Open Source

Un des piliers d’OpenEuroLLM repose sur son engagement en faveur d’une intelligence artificielle ouverte et responsable. En partenariat avec des organisations comme LAION, OpenML et open-sci, le projet veillera à ce que les modèles, les logiciels et les ensembles de données soient accessibles à tous, favorisant ainsi l’innovation et l’adaptabilité aux besoins industriels et publics. Laurent Daudet, Directeur Général Délégué et cofondateur de LightOn, conclut : "L’Europe dispose des talents et des ressources nécessaires pour prendre une place de choix dans cette compétition internationale autour de l’IA. Pour transformer ces efforts en un véritable levier stratégique, l’Europe doit non seulement capitaliser sur l’IA Act, véritable catalyseur de l’innovation vers une IA de confiance, mais également soutenir une approche coordonnée de ses leaders. C’est aujourd’hui rendu possible grâce au consortium OpenEuroLLM.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


L'Union européenne annonce 200 milliards d'euros d'investissements dans l'IA

Hier, lors du Sommet pour l'action sur l'IA, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que 200 milliards d'euros allaient être mobilisés pour faire de l'Europe "l’un des principaux continents de l’IA". L'UE participera à hauteur de 50 milliards d'euros tandis que les 150 milliards d'euros supplémentaires proviendront de l'initiative "European AI Champions", à laquelle plus de 70 organisations ont déjà adhéré pour asseoir le leadership européen dans l'IA et dont la liste continue de s'allonger. En annonçant le fonds Invest AI de l'UE, la présidente de la Commission a souligné: "J’entends trop souvent dire que l’Europe est en retard dans la course où les États-Unis ou la Chine ont déjà pris de l’avance. Je ne suis pas d’accord, car la course à l’IA est loin d’être terminée. Nous n’en sommes qu’au début. La frontière est en perpétuel mouvement. Le leadership mondial est encore à prendre."

20 milliards d'euros pour des gigafactories

Parmi ces fonds, 20 milliards d'euros sont spécifiquement alloués à la création de quatre giga-usines d'IA, des infrastructures conçues pour soutenir le développement de modèles d'IA de grande envergure. Elles seront dotées d'environ 100 000 puces d'IA de dernière génération, soit quatre fois plus que les usines d'IA en cours d'installation autour du réseau des 9 supercalculateurs européens de calcul à haute performance d’EuroHPC. Trois de ces supercalculateurs EuroHPC sont aujourd’hui classés parmi les 10 supercalculateurs les plus puissants au monde : LUMI en Finlande, Leonardo en Italie et MareNostrum 5 en Espagne. Ursula von der Leyen compare cet investissement pour une intelligence artificielle digne de confiance à un "CERN pour l'IA". Pour rappel, le CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) est un laboratoire international de physique des particules situé à quelques kilomètres de Genève, en Suisse. Fondé en 1954, il est le plus grand centre de recherche en physique des particules au monde. Elle déclare : "Nous voulons que l'IA soit une force pour le bien et pour la croissance. Pour ce faire, nous adoptons notre propre approche européenne, fondée sur l'ouverture, la coopération et l'excellence des talents. Mais notre approche doit encore être suralimentée. C'est pourquoi, avec nos États membres et nos partenaires, nous mobiliserons des capitaux sans précédent par l'intermédiaire d'InvestAI pour les gigausines européennes d'IA. Ce partenariat public-privé unique, semblable à un CERN pour l'IA, permettra à tous nos scientifiques et entreprises, et pas seulement aux plus grands, de développer les très grands modèles les plus avancés nécessaires pour faire de l'Europe un continent de l'IA".. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


Rapport "SpinozIA" : vers une IA générative éthique au service du journalisme

En novembre 2023, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) et l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) annonçaient collaborer dans le cadre du projet "Spinoza" dans l'objectif de développer une IA générative open source dédiée aux journalistes. Ce 10 février, alors que le Sommet pour l'Action sur l'IA IA ouvre ses portes au Grand Palais, les 2 partenaires publient le rapport “SpinozIA, vers un journalisme augmenté et éthique”, présentant les observations et conclusions de l’expérimentation du projet. Le projet Spinoza avait pour but de “développer un outil d’intelligence artificielle, par et pour les journalistes, qui garantit la propriété intellectuelle des médias sur leurs publications” tout en étant “au service d’une information fiable et d’un journalisme de confiance”. Initié par RSF, il a été lancé en octobre 2023 avec 120 médias volontaires membres de l'Alliance issus de 12 entreprises de presse : Actu.fr, EBRA, L’Équipe, La Nouvelle République, La Provence, Le Télégramme, Libération, l’Union, Nice-Matin, PMSO, Sogemedia et Sud Ouest. L'idée n'était pas de démontrer que la GenAI peut remplacer le métier de journaliste, mais qu'elle peut l'enrichir avec des données fiables. Le prototype réalisé avec Ekimetrics, une société experte en IA et data science, vise à améliorer la recherche documentaire et la reformulation des données pour le traitement médiatique du changement climatique et de la transition écologique. Exploitant le modèle de langage GPT 3.5 d'OpenAI et un algorithme d’embedding (un moteur de recherche qui explore les textes à la recherche de termes au sens proche de la question posée), en mars 2024, il était alimenté par 12 000 articles de presse, par des rapports scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), des textes de lois français, des rapports de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) ainsi que des documents tirés de la stratégie nationale bas-carbone du gouvernement français. Grâce notamment aux données issues de l’Agence France-Presse (AFP), qui a rejoint le projet en juillet 2024, le jeu de données journalistiques, qui a également été enrichi avec des données régionales, contient aujourd'hui 28 450 articles publiés par la presse française depuis 2022. Il permet de combler les lacunes des autres sources, comme les rapports scientifiques souvent limités à des régions spécifiques ou inversement décrivant des phénomènes à une échelle très large. Ce travail collaboratif a démontré la complémentarité et la richesse des contenus journalistiques avec les autres sources de données et leur intérêt pour les outils d’IA générative. Toutes les informations transmises par l’outil sont sourcées, afin que le journaliste puisse les tracer et les vérifier.

SpinozIA, vers un journalisme augmenté et éthique

Le rapport, outre la méthode suivie par l’équipe du projet Spinoza, présente une étude sur la perception de l’IA générative par les journalistes. Le questionnaire, conçu avec l’agence Econovia pour qualifier le rapport des journalistes à l’IA générative, a interrogé un panel de 281 journalistes exerçant en France. Il a permis de constater que malgré les craintes liées à l'utilisation de la GenAI telles que la perte de contrôle sur le traitement éditorial, la désinformation ou l’impact potentiel de l’IA sur les conditions de travail, les journalistes associent l'IA générative avec un gain de productivité. D'ailleurs, 45 % des journalistes français interrogés l'utilisent déjà dans leur pratique professionnelle et 93 % envisagent de l’utiliser notamment pour : • traduire des documents ; • générer une retranscription d’entretien ; • synthétiser des informations ; • reformuler du texte ; • générer des résumés d’article. L'étude souligne également que les journalistes prennent conscience qu’ils ont un rôle à jouer dans le développement de l’IA : 86 % considèrent qu’ils sont les mieux placés      pour garantir un usage encadré et responsable de ces outils dans la sphère de l’information journalistique.

Les recommandations de Reporters sans frontières

L'ONG adresse, dans ce rapport, dix recommandations aux médias pour poser le cadre éthique et technique nécessaire pour garantir l’intégrité de l’information dans les systèmes d’IA utilisés en journalisme :
  • Encadrer les usages et pratiques de l’IA dans les rédactions sur la base de références éthiques ;
  • Développer des extensions du projet Spinoza et les partager auprès de la communauté journalistique afin de permettre leur audit par des tiers ;
  • Initier des projets collaboratifs de développement d’outils d’IA entre médias ;
  • Respecter le droit voisin des éditeurs de presse et le droit d’auteur des journalistes ;
  • Mobiliser les méthodes de travail journalistique dans la conception des systèmes génératifs et nommer des responsables éditoriaux ;
  • Maintenir à jour les bases de données utilisées dans les outils d’IA générative, s’assurer de leur fiabilité ;
  • Tracer l’origine de toutes les sources utilisées dans les bases de données ;
  • Adapter les prompts à chaque base de données ;
  • Définir les prompts de manière collaborative ;
  • Rester indépendants dans l’usage des LLMs.
La publication du rapport est l’une des premières étapes de l’ouverture du projet : son code sera prochainement publié en open source sur la plateforme Hugging Face afin de permettre aux journalistes et développeurs de personnaliser et d’adapter l’outil selon leurs besoins. Thibaut Bruttin, Directeur général de RSF, conclut : “RSF a à cœur d’ouvrir une voie éthique et responsable, où l’innovation n’implique pas la marginalisation du journalisme. Le projet Spinoza permet cela, en réaffirmant le rôle central des rédactions dans la sélection, la hiérarchisation et la production de contenus de qualité, et l’indiscutable valeur ajoutée des contenus journalistiques dans les systèmes d’intelligence artificielle. Les journalistes et les éditeurs ont le pouvoir de réinventer le journalisme, à condition de lui redonner une souveraineté technologique. Saluons ici l’engagement de l’Alliance, de sa direction et de ses membres, qui ont témoigné de l’intérêt pour ce projet.”. Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


AMD et le CEA : un partenariat stratégique pour façonner l'avenir du calcul en IA

AMD (Advanced Micro Devices), acteur majeur des semi-conducteurs et concurrent de NVIDIA sur le marché des GPUs et des puces IA, a annoncé hier la signature d’une lettre d’intention avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce partenariat avec l’un des principaux organismes de recherche scientifique français vise à repousser les limites du calcul haute performance et à optimiser l’efficacité énergétique des infrastructures IA, répondant ainsi aux besoins croissants de secteurs stratégiques comme l’énergie et la médecine où les besoins en calcul sont particulièrement élevés. Le CEA se concentre sur quatre principaux domaines : les énergies bas carbone, le numérique, les technologies pour la médecine du futur, ainsi que la défense et la sécurité. En mettant en synergie l'expertise du CEA en matière de recherche et d'architecture informatique et le savoir-faire d'AMD dans le domaine des semi-conducteurs et du HPC, les deux partenaires travailleront au développement des  technologies avancées, composants et architectures de système de prochaine génération. L'un des principaux défis que vise à relever ce partenariat est celui de l'efficacité énergétique. L'essor des modèles d'IA toujours plus complexes et gourmands en calcul nécessite des solutions capables de concilier puissance de traitement et sobriété énergétique. Ralph Witting, Corporate Fellow et responsable de la recherche chez AMD, souligne : "Le calcul IA continue de stimuler l'innovation dans tous les secteurs de l'industrie, et une collaboration internationale est critique pour repousser les limites du possible. Avec ce partenariat avec le CEA et les ingénieurs français de premier plan, nous visons à rapprocher la recherche de pointe sur l'IA des applications du monde réel en faisant progresser les architectures de systèmes répondant aux exigences des charges de travail de l'IA de demain."

Vers une dynamique de coopération internationale

Au-delà des avancées technologiques, ce partenariat s'inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre les acteurs industriels et académiques américains et européens. En prévoyant l'organisation d'un symposium cette année sur le calcul IA, AMD et le CEA ambitionnent de réunir les parties prenantes européennes du secteur, les fournisseurs mondiaux de technologies, les start-ups, les centres de calcul intensifs, les universités et les responsables politiques. Julie Galland, Directrice de la recherche technologique du CEA, affirme : "Le CEA est engagé à stimuler l'innovation dans le domaine du calcul IA en faisant progresser les technologies de nouvelle génération ouvrant la voie à des architectures de rupture qui concilient performance et efficacité énergétique. Notre collaboration avec AMD représente une étape importante dans la promotion de la coopération internationale dans l’informatique de haute performance, en réunissant une expertise de classe mondiale pour adresser les besoins grandissant de charge de travail IA." 

Un datacenter de pointe à Grenoble

AMD a par ailleurs annoncé que ses derniers GPUs Instinct alimenteront l'un des centres de données dédiés à l'IA de la société DataOne. Situé à Grenoble, il devrait être opérationnel dans quelques mois. Il pourrait faire partie des investissements des Emirats arabes unis annoncés par Emmanuel Macron puisque G42, basé à Abu Dhabi, est impliqué dans le projet via l'une des sociétés de son portefeuille, Core42. Lisa Su, présidente et directrice générale d’AMD, commente : "Notre collaboration stratégique avec G42 contribuera à dynamiser l’écosystème français de l’IA, en fournissant la capacité de calcul nécessaire pour permettre aux start-ups locales et aux pionniers de l’IA de bénéficier d’une innovation de pointe et de renforcer l’économie française.". Lire plus >

Mot clé : IA -- publié le 14/02/2025 14:58:00


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